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Pilotage financier opérationnel

Analyse financière PME : la grille de lecture du DAF

Quand un DAF expérimenté reçoit le compte de résultat et le bilan d’une PME, il met entre 8 et 15 minutes pour vous dire si l’entreprise va bien, mal ou très mal. Ce n’est pas de la magie, c’est une grille. Une grille de lecture qui se base sur 7 indicateurs clés, lus dans un certain ordre. Cet article vous donne cette grille, sans jargon, avec des seuils concrets.

L’objectif n’est pas de faire de vous un expert en analyse financière. L’objectif est que vous puissiez ouvrir vos chiffres trimestriels et savoir, en 15 minutes, où il faut creuser et où tout va bien.

La logique du DAF : on commence par le bas, pas par le haut

Un dirigeant non-financier ouvre toujours le compte de résultat par le haut : chiffre d’affaires. Le DAF, lui, commence par le bas : le résultat net. Pourquoi ? Parce que le chiffre d’affaires est une vanité, le résultat net est une réalité. Une boîte qui fait 5 millions de CA en perdant 200 KEUR est plus fragile qu’une boîte qui fait 2 millions de CA et qui gagne 150 KEUR. La taille rassure le dirigeant, le profit rassure le banquier.

La règle de lecture : on remonte. Résultat net, puis EBE, puis marge brute, puis CA. Et à chaque étage, on se demande pourquoi le chiffre est ce qu’il est.

Les 7 indicateurs de la grille

Indicateur 1 : la marge brute

Marge brute = Chiffre d’affaires – Coût direct des produits ou services vendus. Ramenée au chiffre d’affaires, c’est votre taux de marge brute. Selon les secteurs, les seuils sont radicalement différents : 25 à 35% dans le négoce, 50 à 70% dans les services, 30 à 45% dans l’industrie. Ce qui compte, c’est la tendance sur 3 ans. Si elle baisse, c’est soit une pression prix, soit une dérive des coûts directs. Dans les deux cas, il faut creuser.

Indicateur 2 : l’EBE (excédent brut d’exploitation)

EBE = Marge brute – Charges externes – Frais de personnel – Impôts et taxes. C’est ce que l’entreprise gagne sur son cycle d’exploitation, avant amortissements et frais financiers. Le ratio clé : EBE / CA. En dessous de 5%, l’entreprise est fragile (un coup dur et c’est la perte). Entre 5 et 10%, c’est correct selon les secteurs. Au-dessus de 10%, la machine tourne bien.

Indicateur 3 : le résultat net

Résultat net = EBE – amortissements – frais financiers – impôt sur les bénéfices, plus ou moins quelques retraitements. Le DAF regarde le ratio résultat net / capitaux propres, qui est la rentabilité financière de l’entreprise. Un actionnaire qui place son argent en obligations sans risque à 3% aura tendance à vouloir au moins 8 à 12% sur les capitaux engagés dans une PME (le risque doit être rémunéré).

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